À 76 ans, Ivan cultive bien plus que des légumes dans les jardins de Cracovie. Déplacé depuis la région de Kherson après l’invasion de son village d’Oleshky, cet agriculteur ukrainien a reconstruit un lien vital avec la terre — et avec les autres. Son histoire illustre ce que je observe depuis plus de deux décennies de jardinage : la terre ne ment jamais, et elle répond toujours à qui prend soin d’elle.
Avant la guerre, Ivan et sa femme Natasha géraient une réduite exploitation familiale. Oignons, choux, aneth, fraises — tout rythmait leur vie. La violence a tout fracassé. Leur fils a subi des tortures répétées. La fuite est devenue inévitable. Aujourd’hui, Natasha travaille dans le secteur du nettoyage pour subvenir aux besoins du foyer, tandis qu’Ivan, lui, a choisi une autre voie pour retrouver pied.
Le jardinage comme ancre après le déplacement
La Fondation Tkanka à Cracovie, soutenue par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), accueille des ateliers de jardinage destinés aux réfugiés ukrainiens. Ivan y intervient comme bénévole, aux côtés d’Olga, assistante de projets au sein de l’équipe de Santé Mentale et Soutien Psychosocial (MHPSS). Ce tandem fonctionne sur la confiance et l’expérience partagée.
Pourquoi le jardinage plutôt qu’une autre activité ? Parce qu’il structure le temps, crée des repères et génère des bilans visibles et concrets. Voici ce que ces ateliers apportent concrètement aux participants :
- Une routine hebdomadaire qui rompt l’isolement
- Des interactions sociales naturelles, sans pression
- Un sentiment de compétence retrouvé face à un environnement inconnu
- Des repères culturels familiers pour ceux qui ont grandi en milieu rural
« Travailler la terre enseigne la planification, la patience et la résilience », explique Olga. « Parfois ça ne marche pas, et il faut recommencer — exactement comme dans la vie. » Ce parallèle, je l’entends souvent chez des jardiniers débutants qui doutent d’eux-mêmes : un semis raté n’est jamais une fin. D’ailleurs, si vous avez déjà vécu cette frustration, la approche japonaise pour relancer des semis compromis montre qu’il existe toujours une seconde chance.
Racines replantées : quand la nature répare ce que la guerre a brisé
Pour Ivan, revenir à la jardinerie n’est pas une simple activité de loisir. C’est un retour aux origines. « Nos ancêtres travaillaient la terre, cultivaient fruits et légumes — nous allons faire pareil ici », dit-il simplement. Cette phrase résume quelque chose d’essentiel que je transmets à chaque personne qui débute — on ne jardine pas seulement pour récolter, on jardine pour exister pleinement.
Les ateliers réunissent adultes et enfants. Pour les plus jeunes, Olga associe l’apprentissage et le jeu. Pour les adultes, l’espace de jardinage devient un lieu d’échange autour d’une passion commune.
| Public | Format de l’atelier | Bénéfice premier |
|---|---|---|
| Enfants | Jeu éducatif autour des plantes | Découverte sensorielle et créativité |
| Adultes | Travail collectif en extérieur | Lien social et sentiment de contrôle |
| Bénévoles | Accompagnement et transmission | Utilité, sens et appartenance |
Un projet de serre à Cracovie vient de démarrer, porté par Ivan, Natasha et Olga. L’OIM Polonia soutient cette initiative qui prouve qu’après la perte et l’exil, replanter des graines dans un sol étranger peut devenir l’acte fondateur d’une nouvelle vie. Ivan en est la preuve vivante : la terre, où qu’elle soit, reconnaît ceux qui l’aiment.
- « On les croyait inutilisables » : ces outils de jardin rouillés ont retrouvé vie – Grâce à une méthode toute simple - 11 octobre 2025
- « Ils croyaient leur parquet irréparable » : une solution naturelle l’a sauvé en une soirée – Pause Maison - 10 octobre 2025
- « Ces rideaux défraîchis » : la technique italienne pour leur redonner éclat et tenue – Pause Déco - 10 octobre 2025


